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La Maison du légionnaire
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Tél : 04.42.04.70.07
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hommage aux bénévoles

à propos du bénévolat.

A propos des bénévoles :

Je souhaite rendre, ici, hommage et leur dire toute notre admiration à tous ces bénévoles qui prennent en charge un ancien, un handicapé, un malade.

Ce n’est pas chose aisée, il leur faut faire abstraction de beaucoup de choses qui font que la vie est supportable et bien entendu il s’agit toujours de prendre du temps sur celui accordé aux loisirs, au temps libre, mot à la mode qui fait les gens de plus en plus indifférents aux soucis des autres.

Donner, avec en échange un regard de reconnaissance, un regard d’impuissance de quelqu’un qui n’a plus rien et surtout pas la santé, c’est avant tout, sortir un être humain de sa solitude avec la générosité de ne rien attendre en retour.

Le paradoxe du bénévolat vient du fait que c’est un affaire avant tout  personnelle, limitée et inconnue du grand public. Notre société, pour les malades et les anciens n’est pas à la hauteur des besoins, seul compte les apparences et la sensibilité à ne s’intéresser réellement qu’aux « valides productifs », sélection du spectaculaire, source d’intérêt qui s’applique à soi-même. Tout est à reconstruire dans l’action humanitaire, trop souvent, le moteur qui l’anime tourne au ralenti, l’essentiel étant invisible pour les yeux comme le dit si bien le petit prince de Saint Exupéry : il y manque l’amour de son prochain, mot trop souvent utilisé pour tout et son contraire… les sentiments sont souvent canalisés par une forme d’éducation, de moralité, mais l’instinct prend toujours le dessus dans les situations de crise. C’est chacun pour soi, loi immuable de la nature qui fait périr les plus faibles sans émotion particulière qui affiche pour se cacher une hypocrisie alimentée de bonnes paroles qui ne trompe plus que ceux qui les prononcent…

Un grand merci à tous ces bénévoles qui prennent de leur temps et de leur tranquillité pour partager un peu de la détresse de gens sans armes qui en silence hurlent dans leur tête leur mal-être et qui ne sont que ce que nous seront demain. Demain, c’est à dire tout à l’heure, aurons-nous la chance de pouvoir compter sur un bénévole pour s’occuper de notre insignifiante personne à nous sortir d’une solitude envahissante, source inépuisable de désoeuvrement ?

Nos Anciens ont pensé aux plus démunis d’entre nous, ils ont créé avant tout le monde un système de solidarité active qui à pour nom Foyer d’Entraide et maisons d’accueil, cette générosité pure est ce qui fait la force de notre fraternité légionnaire, c’est ce qui fait toute la différence avec le monde qui nous entoure et qui présente un aspect inconnu du légionnaire et qui n’existe plus que rarement dans notre cité moderne : le respect de ses ainés. Ici à Auriol, comme à Puyloubier, comme pour les anciens légionnaires en difficultés une évidence s’impose : « peu m’importe ce qui n’importe qu’à moi ».

Merci aux bénévoles.

Ch.Morisot

Camerone

Poème de HE:

Apparition. 

 

Les étoiles, une à une, disparaissent

La lune s’échappe et nous délaisse

Les lueurs de l’aube, comme des filaments,

Font deviner les contours du Garlaban.

 

Un globe terrestre, dans la pénombre apparaît.

Des sentinelles, on distingue les traits.

C’est l’instant où l’esprit vagabonde,

Des souvenirs, il fait le tour du monde.

 

Soudain, au milieu de la place,

Il aperçoit Rollet qui lui fait face.

A côté de lui, Pourquet dessine et trace,

Le monument s’élève et se met en place.

 

Derrière eux se massent, pêle-mêle,

Tous ces légionnaires, ces fidèles,

Ceux qui, un jour, ont donné leur sang

Pour que la légion vive éternellement.

 

de Borelli pense à toutes ces croix,

Représentant ses hommes à la grande foi,

Qu’il aimait d’un amour si profond,

Que ses rimes vibrent comme une chanson.

 

Ils sont là, tous ces disparus au champ d’honneur,

Ceux que l’on disait courageux, sans peur,

Oui, ils sont là, les engagés de la première légion,

Les hommes de Louis-Philippe, de la création,

Ceux du second empire, du Mexique,

Les aventuriers, les baroudeurs, les romantiques.

Présents aussi, les braves d’Indochine,

Ceux du Tonkin, de la retraite de Chine,

Les gars de Tuyen Quang et de Saïgon,

Les habitués d’Hanoï et ceux du vieux Cholon.

Les Africains sont aussi sur les rangs,

Les Sahariens protégés des affres du vent,

Ce vent de sable qui s’infiltre partout,

Qui vous aveugle, qui peut vous rendre fou,

Les spécialistes des djebels,

Des embuscades et des bandes rebelles.


N’oublions pas ceux des deux grandes guerres,

Ils sont sur place et se pressent derrière.
Ils ont montré la voie, tracé le bon chemin,

A ceux d’aujourd’hui, aux futurs de demain.

 

Mais, d’un coup, ils se sont arrêtés,

Subitement, ils se sont alignés,

Devant cette troupe qui s’avance avec fierté,

Tous ces braves reconnus pour l’éternité,

Qui remontent lentement la belle voie sacrée.

Ceux-là ont connu la plus grande destinée,

Aux yeux des légionnaires et de l’humanité :

Un mythe légendaire à Camerone est né.

Un chef leur avait montré la voie !

Danjou ! en qui ils avaient foi.

 

Et dans l’aube naissante du jour,

Ils l’avaient salué pour toujours,

Le héros de ce combat historique,

Le symbole de leur aventure épique.

 

Le soleil a définitivement vaincu la nuit,

Le rêve, dans le ciel, s’est envolé, a fui.

Le temps a repris son envol,

J’ai doucement remonté mon col.

 

Il était temps de retourner à la compagnie,

Il était temps de retourner à la vie.

 

                                           

 

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